8 octobre 2010

Dionea muscipula

Cet été lors d'une foire horticole, j'ai acheté une Dionea muscipula, je me suis laissée tenter une énième fois... C'est pas la première que j'ai, même enfant ma mère m'en avait déjà acheté une qui avait tôt fait de mourrir parce que je l'arrosais avec de l'eau du robinet. Ce que j'ai plus tard appris, c'est que c'était la meilleure façon de tuer sa Dionea. Après m'être informée sur divers sites web, j'en ai gardé une avec succès dans le terrarium des Mantellas, éclairée par des néons, plantée à même le sol mais entourée d'une couche protectrice de mousse de sphaigne. Puis j'ai voulu la sortir et c'est là qu'elle a dépéri.

Il y avait plusieurs producteurs québécois de plantes carnivores, mais j'ai choisi la mienne au kiosque d'une petite entreprise québécoise visiblement montante à défaut d'aller encourager la grosse association la plus populaire. Pas faute de prix, ils étaient les mêmes sensiblement. Peut-être parce que du côté des Dionea ils offraient plus de cultivars que je connaissais, je ne me souviens plus trop. Mon choix a peut-être eu à voir avec le charisme du jeune vendeur qui m'a servi. Il m'a d'ailleurs bien renseigné. J'avais une seule question; comment tu les fais hiberner? Parce que le reste des paramètres de culture, je savais que j'y arrivais. Mais j'avais lu aussi que les Dionea se portaient beaucoup mieux si elles avaient un repos, avaient tendance à grossir et grandir en étant plus forte d'année en année avec le retour du printemps. Lui me disais qu'il les mettait au réfrigérateur lorsqu'elles entraient en dormance vers novembre. Il les gardait à l'extérieur tout l'été, puisqu'elle on besoin de soleil. Quand les températures de novembre approchaient de celle du frigo, il la transférait. J'avais lu ça, mais on dirait que de me le faire dire c'était comme un gage que c'était plus facile, et magique.

Je penchais pour deux cultivars; B52 et Low Giant. Je préfère les dionées vertes, non pas les rouges, et grosses. B52 est une grosse plante, supposément la plus grosse, hybridée par Henning von Schmeling et enregistrée à la International Carnivorous Plant Society en 2006. Il l'a choisi pour sa croissance solide et ses trappes particulièrement grosses atteignant 5.7 cm (quand même!) dans les conditions où les autres cultivars atteignent des tailles régulières. L'intérieur se colore aussi facilement de rouge.

Low Giant est un autre clone, un cultivar populaire mais je n'arrive pas à trouver sa source. La plante a un port bas, et elle aussi de très grosses trappes apparamment. Elle se colore aussi de rouge. Par contre elle pousse relativement lentement (même pour une dionée, qui pousse déjà lentement). J'ai penché pour 'Low Giant' parce que je voulais un port compact et bas. Je me disais que j'essaierai pas B52 tout de suite...

Voici ma plante à l'achat. Je l'ai mise dans un pot en terre cuite avec de la mousse de sphaigne sans la changer de pot car son pot est bon pour quelques années encore, et le mélange utilisé comme substrat est bon.







So far so good. Je l'aime bien. Elle est stable, elle pousse bien. Je l'ai installée sur mon mince rebord extérieur de fenêtre de cuisine, celle qui est orienté à l'ouest ou sud-ouest, et qui reçoit quelques heures d'ensoleillement par jour. Peu de temps après, j'ai lu cet excellent livre sur les plantes carnivores, qui à su répondre à toutes mes questions et ma curiosité scientifique; Growing Carnivorous Plants. Excellent ouvrage, le meilleur selon moi. Cet auteur tient aussi un bon site internet avec des conseils et de l'information, accessible ici qui est en fait la FAQ du site de la société internationale. Et, behold!, l'auteur tient aussi un blog! Hourra. On peut pas surdoser d'information.

Après avoir lu plusieurs façon de faire hiberner (ou serait-ce hiverner?) sa Dionea, j'en ai tiré trois conclusions; elle a besoin de soleil quand même pendant sa dormance, et elle a besoin de températures beaucoup plus douces que ce que peut lui offrir mon hiver québécois. Mais, y'a des mais. Elle a besoin de soleil si la température est relativement douce et que la plante reste moindrement active. Une plante au frigo se passera de lumière totalement parce qu'il fait plus froid que idéalement (5-10C) mais il faut l'arroser, et l'acclimater au frigo avant (en la laissant dehors jusqu'aux jours où il fait 4C). Elle peut tolérer l'hiver québécois si elle est dans une tourbière ou un gros pot et protégée correctement du gel. Et évidemment, l'hibernation est pas nécéssaire, mais recommandée pour une meilleure croissance.

Alors j'ai décidé de pas la mettre au frigo, parce que si j'ai fait quelque chose de mal au niveau de l'eau, ou l'acclimatation, je risque d'en subir les conséquences. Pour une première fois, j'aime mieux laisser à ma plante le choix d'arrêter plus ou moins de croître. La tourbière ou le gros pot se prête mal à un seul spécimen. Et puis finalement, j'ai eu une idée. Puisque je garde ma fenetre de cuisine entre-ouverte à l'année (oui, tout l'hiver, 1/4 de pouce ouvert. Non, je ne chauffe pas, non je ne me gèle pas; tous mes voisins agés chauffent pour moi et je dois ouvrir cette fenêtre si je ne veux pas étouffer l'hiver...) il suffirait d'atteindre et de garder la température idéale entre mes deux fenêtres (en chassés je crois qu'on dit. J'ai assez d'espace pour y mettre la plante). Je me suis armée d'un thermomètre/hygromètre, et je suis bien excitée à l'idée de voir et surveiller ma dionée pendant qu'elle passe l'hiver dans cet entre-deux! Déjà il y a des jours de moins de 10C, alors elle est placée. Elle recevra amplement d'eau et de lumière. Le pire qui peut arriver, c'est que les fenêtres gèlent dans cette position et que j'aie de la difficultée à jouer avec l'ouverture pour atteindre mes températures quand il fera -20C. Mais ça m'est déjà arrivé; il suffit de s'armer d'un séchoir à cheveux et c'est réglé.

Voici la plante actuellement, et dans son emplacement test pour son premier hiver, entre deux fenêtres. (Quelques pouces moins loin de son bord de fenêtre extérieur quoi..)







Et puis si ça tourne vraiment mal, je changerai mon fusil d'épaule pour cet hiver, et je la mettrai sous les néons, et elle aura un hiver au frigo l'année prochaine. Mais j'ai comme l'impression que ça va bien aller, que ça sera idéal. On verra!

8 janvier 2010

Gorgonzola et terrarium

Gorgonzola est maintenant définitivement installée, on peut dire.
Quand je l'ai recueilli, je n'avais aucun terrarium assez grand pour elle. J'ai donc du improviser le dessous de table en parc à Iguane avec une boîte en carton..





Je dois dire qu'elle y était très bien, excepté le manque de stimulation, évidemment. Elle avait son tapis chauffant, ses couvertures, sa cachette et sa litière, sa lampe UVB et son bol à bouffe. Le strict minimum pour la quarantaine le temps d'être testée pour les parasites et faire la vérification de son état de santé chez le vet.




Depuis hmm, octobre dernier, Gorgonzola a un chez elle bien à elle. C'est une amie qui m'a généreusement prêté un terrarium pour 'une durée indéterminée' ..






C'est un vivarium en coin avec vitres coulissantes, et Gorgo l'adore. Je lui avait d'abord installé un petit hamac (le plus grand format disponible en magasin) et puis sa cachette et sa litière. Elle l'adore, évidemment. De là elle peut voir la télé que je laisse souvent allumée pour elle, et elle peut voir dans la fenêtre aussi. Rien qu'une fenêtre donne un bien-être significatif aux Iguanes apparamment, rien qu'avec le mouvement du feuillage des arbres, le soleil et les nuages.

En décembre, pendant mes vacances, j'ai pu changé son setting un peu, parce qu'elle n'entrait plus complètement dans son hamac et se retrouvait à avoir seulement le ventre dedans; c'est dire comment elle a grossit depuis! J'ai donc acheté du grillage de plastique et des crochets à suce afin de lui patenter un mégaplex à deux étages..








Niveau apprentissage, ça allait super bien, elle faisait ses besoins dans sa boîte comme elle l'a apprit pendant son séjour temporaire sous la table de la cuisine. Mais au fur et à mesure qu'elle s'habituait à moi, j'ai pas pu résister de la flatter et la prendre de plus en plus souvent. Avec de bons résultats; elle est pratiquement plus farouche, je peux l'approcher et la flatter sans problèmes, et j'arrive à la sortir et la prendre sans qu'elle veuille à tout prix s'enfuir. Toutefois, le fais que je la flatte à meme son vivarium, elle l'interprète comme un genre de domination à même ce qui constituait son territoire. Et si le terrarium devient plutôt mon territoire, alors là, elle ne peut plus faire ses besoins dans sa litière, là ou elle préfère parce qu'elle peut l'éviter (les iguanes évitent volontairement les contacts avec leurs déchèts, et cherchent un matériel confortable pour se soulager (papier, tissu)). Et le seul endroit ou je ne la touche jamais, c'est lorsqu'elle est dans sa petite niche. Alors elle va là pour faire ses besoins depuis un mois. Ce qui veut dire qu'elle pense que son vrai territoire, celui qu'elle ne partage pas avec moi, c'est sa cachette. Mais dans sa niche, il y a de vieilles couvertures pour son confort, et c'est pas la joie à nettoyer à tout les jours, sans compter qu'elle la fréquente et donc elle se retrouve en contact avec ses excréments.







Rien à faire, si j'enlève la cachette, elle fait au même endroit, et si je laisse la cachette et je bloque l'entrée, elle se retient autant qu'elle peut alors qu'elle cherche à y entrer. Elle se retrouve forcée de faire à peu près dans sa litière; le seul endroit acceptable pour elle (il y a du papier journal qu'elle associe depuis toujours aux besoins).
J'ai forcé cette situation pendant hmm, au moins une semaine. Je la récompensais avec de la nourriture aussitôt qu'elle faisait dans sa litière. Mais tous ces efforts se sont envolés dès que j'ai reouvert l'accès à sa niche, et le lendemain elle se soulageait dans sa cachette.

Il y a plusieurs solutions possible; de la plus simple; je met du papier journal dans sa cachette et je le change à tous les jours, aux plus complexes; j'arrête complètement de la toucher lorsqu'elle est dans son vivarium, ou j'enlève complètement la cachette, j'y met du papier journal, et je déplace éventuellement le seul papier disponible dans la litière.
Un apprentissage prend du temps évidemment, et demande une présence constante pour un renforcement. Arrêter de la toucher complètement lui redonnerai la confiance en son territoire, et règlerai possiblement les choses avec un minimum d'intervention. Mais ensuite, j'ai peur qu'elle devienne aussi moins familière, et je cherche à créer un bon lien avant qu'elle atteingne une taille ou ce sera dangereux si elle est couramment aggressive.

Pour le moment, j'ai mis du papier journal que je change dans sa cachette. Sa litière est toujours là, avec du papier, mais elle ne l'utilise jamais. Elle ne retourne généralement pas dans sa cachette avant que j'aie changée le papier, alors elle n'entre pas en contact avec ses excréments. Je la sors et la flatte moins souvent. J'aimerais vraiment concilier les deux; qu'elle fasse dans sa litière et que je puisse intéragir souvent avec elle dans son vivarium sans la sortir.


* Depuis que j'ai écris ce post, en fait, par addon, je suis venue à court de papier journal. J'avais toutefois du papier brun d'emballage, alors je lui ai mis ça dans sa cachette.
Eh bien à ma grande surprise, le lendemain, elle faisait sa besogne dans sa litière! Quasi spontanément! Je l'ai immédiatement récompensé, il va s'en dire.
Le lendemain, c'est à dire aujourd'hui; même chose, elle est allée dans sa litière. C'est merveilleux.
Ou alors elle aime tellement son nouveau papier brun qu'elle ne veut pas le salir, ou bien elle à subitement changé d'idée.
Espérons que ça dure!

24 décembre 2009

Cadeaux

Ça c'est définitivement la dernière chose à laquelle je m'attendais; ma bouture de Bougainvillea marbrée est en train de.. fleurir?! Cette bouture a été acheté au coeur de l'été passé, dans une serre commerciale. Elle n'a pas grandit significativement depuis; elle tourne autour d'environ 12-15 pouces de long. Elle a passé l'été sur le rebord de la fenêtre, comfortable. Puis je l'ai mise sous néon vers le début de novembre environ. Ce néon est branché à 14 ou 15 heures d'éclairage. (Coudonc, c'est beaucoup d'approximations en peu de temps, mais je suis trop pressée pour aller vérifier maintenant). Et la bouture fleurit. Elle a commencé ça il y a une semaine. Cette photo date de la journée où je l'ai constaté. Maintenant, les bractées se colorent, et il y a 3 grapes de fleurs sur toute la bouture pour le moment. Je suis impressionnée et ravie!



Les trois petits points jaunes au centre sont en fait les fleurs, les 3 minis feuilles les entourant sont en fait les bractés, celles qui seront de couleur voyante d'ici peu



Gorgonzola est dans un nouveau terrarium, un premier terrarium depuis son espèce d'aménagement temporaire de rescapage. Depuis plusieurs mois, depuis octobre environ. Elle thrive, je dirais. Y'a pas mieux pour la décrire. Elle a bien grossit, et elle est agréable à vivre avec. Je vais montrer le terrarium bientôt. Pour le moment, voici juste un cliché de madame en train de dormir dans ce qui m'apparait un des endroits le moins comfortable, mais qui semble l'être pour elle, c'est à dire un morceau d'écorce de liège. Impossible de la prendre en photo sans qu'elle ouvre les yeux. Tout son gras doit la protéger de la surface rugeuse et irrégulière, je suppose. Elle c'est pas forcément un cadeau, mais presque, elle est quand même arrivée de façon assez hasardeuse dans ma vie, et elle aurait pu être de caractère insupportable, mais elle est charmante et tolérante.




Gorgonzola qui dort dans un racoin

Je suis récemment tombée sur une peluche surprenante en magasinant. Il s'agit d'une représentation d'une maman crocodile qui transporte son bébé dans sa bouche. Je sais pas pour vous, mais moi j'ai jamais vu quelque chose de se degré là d'effort de réalisme dans un toutou à moins de 10$. Et c'est sensé être cute, et se vendre là, c'est ce qu'il faut se dire. Les concepteurs se sont dit; la personne moyenne va trouver ça assez cute pour l'acheter.

Moi je suis pas une personne moyenne quand vient le temps des reptiles. C'est sûr et certain que ma personne va craquer quand elle va voir ça. Pour ce qui est du average dude, je sais pas. Mais peu importe, je suis vraiment contente d'avoir trouvé ça! C'est un petit cadeau que je me suis fait, de un pour encourager ce type de commercialisation presque éducative (bon, il faut juste ignorer le chandail que la maman crocodile porte) et moins traditionnelle, et de deux parce que c'est TELLEMENT MIGNON! même si y'a pas grand chose de plus utile qu'un toutou dans un appartement..
Le bébé a un bout de velcro sur le ventre qui l'aide à se tenir sur la surface de la bouche de la maman crocodile, mais on peut aussi le placer ailleurs, comme sur sa tête. Et la peluche est longue!






La fête de Noël est un bon prétexte pour s'offrir ce genre de babioles!

14 décembre 2009

Hiver et contradictions

Je suis pas vraiment sensée faire un billet avant la fin de la session d'examen en cours, mais je suppose que c'est correct de fuir un peu les études pour entretenir l'argenterie d'un autre projet soit celui de mon blogging, qui je dois l'avouer est pas mal developmentaly impaired de par mon manque d'assiduité. Et ma soeur ma en plus elle-même poussé à écrire un nouveau billet, bon.



Maintenir les tropiques à l'intérieur m'aide à passer l'hiver



Eh oui c'est définitivement l'hiver maintenant, après une bien grosse bordée de neige instantanée au Québec la semaine passée. Et la baisse de température se fait sentir sur les bord de fenêtres, là ou 90% de mes plantes sont. Biensûr j'ai 'prévu' l'hiver. Mais euh, on aura beau prévenir autant qu'on voudra, c'est inconditionnel, y'a toujours des trucs moches qui se passent en hiver pour les plantes d'intérieur. Je peux compenser par les trucs chouettes qui se passent pendant l'hiver.



Dendrobium nobile 'Oriental Smile' qui se porte on ne peut mieux au froid





Nouveau bulbe, tout plein de belles racines




Mes fougères souffrent en hiver, règle générale. Les bouts de feuilles et frondes sèchents, croissance réduite oui, mais croissance restante étiolée par le manque de lumière. Ça s'applique aux autres plantes aussi mais c'est les fougères qui y sont le plus sensibles. À date, y'a que les Adiantums qui souffrent, et la grosse Nephrolepis. Toutes les autres vont bien, même très bien, et leur croissance est moins limité que l'hiver passé. Mes orchidés poussent vite à des températures vraiment basses. C'est mon premier hiver dans cet appartement, alors c'est vraiment un hiver test. Tant que c'est seulement les bouts de frondes qui sèchent, moi je trouve ça acceptable. Tant que c'est pas les frondes entières qui tombent, je sais que l'aspect de la plante en général sera pas trop altéré et que ça se verra plus avec la nouvelle pousse l'été suivant.

Temps des fêtes rime avec Poinsettia et Schlumbergera. Je me retient d'acheter tout Poinsettia de peur que l'iguane un jour mette la dent dessus et meure (et parce que c'est ridiculement dur à faire refleurir). Mais les cactus de noël alors là, j'en mange! Et maintenant il y a tellement une belle diversité de couleurs disponible.




Schlumbergera x 'Malibu'



Schlumbergera x 'Malibu'

Comment résister?

Schlumbergera x 'Xmas Flame'




Schlumbergera x 'Xmas Flame'

Et même des boutures de Schlumbergera d'à peine quelques segments sont en train de fleurir sous les néons. J'en attend un rouge, un mauve qui est un 'vrai' cactus de noël Schlumbergera truncata qui sont des boutures de celui de ma mère, et un inconnu qui est un généreux don de tiges complètes de la propriétaire d'un resto chinois à côté de chez nous.

Boutures du Schlumbergera x qui sera rouge, et qui m'a pendant un temps fait croire qu'il était un S. kautskyi

Y'a suffisamment de trucs chouettes qui se passent en même temps pour dire que le ralentissement de croissance sensé être généralisé je ne le sens pas comme tel. Pourtant, je ne chauffe pas l'appartement qui reste de température agréable probablement dû aux voisins âgés qui surchauffent le leur. Mon air ambiant est moins asséché aussi. Pour le moment, l'hiver est moins cruel que je le prévoyais avec toutes mes grandes fenêtres. Assez pour dire que mon amie est venue me confier ses plantes pour son séjour chez ses parents pendant les fêtes parce que chez elle, les plantes dépérissent puisqu'elle chauffe beaucoup son appartement.

Mon hibiscus de noël en guise de sapin. Cheap mais suffisant.

5 novembre 2009

Iguade à la sauce lézard

Faire à manger à mon Iguane m'a fait sérieusement reconsidérer la façon dont je me fesais à manger. C'est déjà difficile de 'bien' nourrir un Iguane, mais alors quand on fait l'effort de chercher des végétaux particuliers pour leur apport particulier en nutriments pour l'iguane, on se rend compte de deux choses; un, on a tellement de choix, c'est fantastique. Deux, y'a bien des choses qu'on met de côté qu'on devrait pas, en pensant qu'on se casse la tête ou que ça vaut pas le coup, ou que c'est pas bon au goût, etc.

C'est du moins ce que ça m'a fait réaliser. Y'a des gens à qui ça fait réaliser que c'est mille fois plus simple de manger des hot-dogs, et qu'au bout du compte, une fois de ventre plein, on se sent presque pareil. Mais ceux là sont aussi ceux qui finissent par donner de la bouffe à chat à leur lézard et là, je passe mon tour parce que mon rant en finira plus.

Je mange beaucoup de salade en général. Et quand j'entend salade, je pense à un mélange style jardinière ou césar. Pas les 2 feuilles qu'on met dans son hamburger à l'occasion. De la salade, avec du fromage comme protéine ou des oeufs cuits dur, ou du poulet en lanière, etc. Je mange beaucoup de pitas qui sont bourrés de salade, des sandwichs avec presque que de la salade, etc. La viande ça coûte cher pour qu'est-ce que ça vaut nutritionellement quand on a un petit budget, donc je penche vers les légumes, légumineuses et végétaux de toute sorte. Là ou l'apparition de l'iguane à changé quelque chose, c'est dans ma façon de revoir ma salade, principalement. Et ça, c'est dû aux besoins nutritionnels d'un être strictement végétarien comme l'iguane vert. Lui aussi a besoin de fibres, protéines, huiles végétales, minéraux, vitamines. C'est pas aussi simple à fournir quand la majorité des supermarchés tiennent comme légumes ceux à haute teneur en sucres, ou ceux jolis et faciles à apprêter mais totalement dépourvus de nutriments, dans le genre; pommes de terres, poivrons, laitue 'boston' ou romaine, concombres, carottes, alouette. Ça, on le constate quand on consulte une liste d'aliments suggérés pour composer la diète de son Iguane, telle l'excellente liste sur le site de la Green Iguana Society: http://www.greenigsociety.org/foodchart.htm qui prend soin de nous écrire les valeurs nutritionnelles obtenues via la USDA (http://www.nal.usda.gov/fnic/foodcomp/search/) qui m'apparait comme une source tout à fait valable.

Pas de règles pour composer le menu sauf une; le plus de ces items possible, en concentration proportionelle à leur fréquence d'usage recommandée. Certains végétaux contiennent des substances qui à long terme peuvent créer des déficiences ou des problèmes. Et je parle pas de bouffe à chat ici, loin de là, mais de végétaux communs que nous mangeons souvent, et donc que nous avons tendance à penser donner à l'iguane, en toute bonne volontée.

Je ne me lancerai pas aujourd'hui en un post sur quel aliment donner combien de fois, quand et à quelle sauce à son Iguane. Il y a pour le moment d'excellentes sources, comme la Green Iguana Society pour n'en nommer qu'une. D'ailleurs, cette charte, j'en avais fait connaissance bien avant même d'avoir mes premiers anoles il y a 12 ans, parce que j'étais sensée avoir un Iguane, dans le temps où je ne connaissais rien sur rien. J'avais seulement envie aujourd'hui de montrer les habitudes alimentaires que faire environ 6 litres de salade à toutes les semaines pour mon lézard m'a fait changé.





Deux buckets de salade, un de 2-3 litres à gauche pour moi, et un de plus ou moins 6 litres à droite pour l'iguane, pour une semaine.

En préparant l'équivalent d'une semaine de bouffe à mon Iguane, je me sauve du temps. En préparant un bol de salade pour moi en même temps, je sauve encore doublement du temps. Faut juste faire attention de pas mélanger tout dans les deux bols, parce que même s'ils ont l'air pareils, ils contiennent pas les même choses. Par exemple, sur cette photo, voici la liste des ingrédients pour le bol de gauche, à moi;

  • Laitue romaine verte 25%
  • Laitue frisée rouge 20%
  • Chou en feuilles 10%
  • Chou en pomme 5%
  • Bettacarde 5%
  • Oeufs cuits dur 5%
  • Champignons 10%
  • Courge Kabocha 10%
  • Poivron vert 10%
  • Fromage 10%


Versus le bol de droite pour Gorgonzola;
  • Laitue romaine verte 15%
  • Laitue frisée rouge 15%
  • Chou en feuilles 20%
  • Chou en pomme 10%
  • Bettacarde 5%
  • Courge Kabocha 20%
  • Courge jaune 10%
  • Poivron vert 3%
  • Feuilles d'hibiscus 2%

Et ma salade générale avant l'Iguane;

  • Laitue romaine verte
  • Carotte
  • Poivron vert ou rouge

Bref, je sais pas comment je faisais pour m'en contenter. Oui je variais plus que ça, mais en moyenne, ça tournais autour de ça. Mais c'était basé sur le modèle familial, ma mère faisait des salades d'accompagnement dans ce genre là avec des miettes de bacon et des croutons, et quand on recevait du monde alors là elle incluait plus de cossins comme du tofu, du fromage, un melange mesclun, du radicchio, etc. D'ailleurs, avec les sacs en mélange tout prêt, j'avoue que j'avais pas beaucoup d'excuses pour varier aussi peu ma salade, mais ces sacs ne durent pas aussi longtemps qu'on voudrait et restent cher comparé à un mélange maison. Ils sont pas assez variés pour l'Iguane, aussi faut-il acheter tout le reste de toute façon. Le fait de vivre maintenant en face d'une fruiterie a quadruplé la quantité de choix que j'avais, une chance.

La laitue romaine/frisée est vide en nutriments et fibres pour l'iguane. C'est un bon filling par contre, justement parce que c'est dépourvu de sucres ou sels. Alors y'en a moins pour elle. Les courges sont excellentes, pleines de fibres et protéines, alors y'en a plus. Les feuilles de choux sont pas idéal pour la glande thyroide à long terme, mais font une bonne source de fibres. Les feuilles d'hibiscus sont aussi une bonne salade, les poivrons sont plutôt là pour le goût et l'eau et la variété, parce qu'ils sont pauvres en protéines ou fibres. La bettacarde c'est bien aussi au lieu de la romaine, mais en grande quantitée c'est pas idéal pour l'assimilation du calcium. Aussi, son mélange inclus des fibres probiotiques pour herbivores, dans le genre Benebac (pas cette marque là, mais pour illustrer). Évidemment, ces 10 ingrédients vont changer d'une semaine à l'autre, mais ça vous donne une idée de la quantité nécessaire, et de la proportion des choses. Je lui donne environ 2 à 4 tasses de ce mélange par jour. Elle en mangerait bien 10 si je lui en donnais autant, mais il faut savoir miser juste. Elle est bien ronde et grandit bien avec ça. Elle mange elle même la moitié de son bol en avant midi, et puis l'autre moitié plus tard. C'est donc qu'elle se plait avec cette quantitée. Si j'en met moins, elle mange tout d'un coup.

Pas de champignons pour elle, ils ont une trop haute teneur en phosphore. Pas de fromage, ni oeufs, évidemment. Mais quand même, la courge que je n'avais jamais pensé mettre en salade avant, soit râpée ou cuite et finement coupée, est délicieuse, sucrée. Je ne voyais que les courges en potages ou en gros morceaux dans le coin de l'assiette, dans le genre du navet ou des pommes de terre. Et les feuilles de chou, je détestais quand il y en avait dans le ragoût de ma mère, bouillies et fades. Jamais j'aurais pensé mettre des feuilles de chou bien vertes et croquantes, faisant office de radicchio du pauvre, dans ma salade. Et la bettacarde eh bien je ne me souvenais même pas en avoir déjà mangé, sauf peut-être étant très jeune. Maintenant, j'ai bien de la difficulté à arrêter mes choix de légumes pendant que je fais les courses!

Malheureusement, tout de même, avec l'arrivée de l'hiver, les choix diminuent. Déjà ça se remarque à la fruiterie. J'espère pouvoir arriver à maintenir une bonne diversité tout au long de l'année, et en plein milieu de l'hiver, pour l'Iguane. J'ai pas dit mon dernier mot; j'ai déjà des pissenlits qui poussent sous les néons, un énorme hibiscus qui produit d'énormes feuilles, des feuilles de carotte... C'est un défi intéressant pour moi, c'est stimulant. J'espère que tout ira bien.

30 septembre 2009

Plantes et acidité

Je reviens tout juste de mon cours de croissance et développement des plantes d'aujourd'hui, et je voulais écrire ce post, ou du moins, m'écrire ce post comme une note, un post it.

Après avoir été dans les détails biomoléculaires des différents processus de croissance des plantes, et après avoir fait pas mal le tour du fonctionnement d'une des principales hormones de croissance, l'auxine, l'élément central reste l'acidité. Quand cette hormone entre dans les cellules, son effet immédiat s'arrête à l'activation de pompes à protons sur la membrane plasmique, et son effet à long terme s'arrête à l'activation d'un facteur de transcription qui active la production de nouvelles pompes à protons destinées à la membrane plasmique.

Les pompes à protons expulsent des protons (ions d'hydrogène) hors de la membrane plasmique, dans la membrane cellulaire. L'acidité augmente donc dans la membrane cellulaire (le pH diminue) et elle diminue dans la cellule (le pH augmente). Cette acidité est tout ce qu'il faut aux expansines (enzymes) présentes dans la membrane cellulaire pour s'activer et fonctionner à désintégrer et digérer progressivement la cellulose de la membrane cellulaire. Cette dernière s'aminci suffisamment de sorte que la pression naturelle de la cellule pousse la membrane cellulaire à s'étirer, et la cellule grandit et s'étire. Pensez au caoutchouc d'un ballon qu'on étire avant de pouvoir plus facilement le gonfler. Les méchanismes qui régulent la pressions impliquent d'autres hormones de croissance, comme la gibbérelline, mais l'important pour moi en ce moment c'est l'acidité.

L'hormone de croissance ne fait pas directement croître la cellule. Elle fait augmenter l'acidité de la membrane. Si je vous dit plantes et acidité, vous me répondez quoi? Moi je pense à fougères. Avant même de savoir bien des choses sur la biologie végétale, je savais que certaines plantes, surtout les fougères, préfèraient un sol acide. J'ai lu ça partout dans les livres de plantes. Évidemment, on explique pas, mais on dit que ces plantes poussent mieux dans un sol acide pour absorber certains nutriments, quelque chose comme ça. Pourtant, dans un sol acide généralement, il y a moins de nutriments disponibles.
En sachant que l'acidité à un rôle aussi primordial dans la croissance même des cellules, je tire un trait vraiment grossier et je me demande si ces plantes ont besoin d'un sol acide pour ce processus même, indirectement ou directement, ou est-ce pour un autre processus quelque chose de 'moins important'. Probablement pas, parce que sinon, la croissance serait pas juste limité, elle serait vraiment réduite. Mais peut-être pas, ça veut pas forcément dire ça.

Reste que j'ai bien évidemment posé la question à mon professeur, qui ne sait pas, et qui dit que selon lui, personne ne sait probablement actuellement vraiment pourquoi certaines plantes préfèrent un sol acide ou alcalin, et personne n'a probablement vraiment regardé à ce niveau. Pas au niveau des processus moléculaires.

Je suis surexcitée, parce que je ne m'attendais pas à ça. Je croyais que ça avait été déterminé déjà en détail, mais il s'avère que c'est probablement pas le cas. Les fougères me fascinent, l'auxine me fascine, je crois que j'ai trouvé une formule gagnante. J'aimerais tellement travailler sur ce sujet.

24 septembre 2009

Fougères

Les fougères sont des plantes qui vivent sur terre depuis très longtemps. Leurs ancêtres ont par ailleurs vu les dinosaures, et vécu au travers de variations climatiques incroyables. Ce sont des vétérantes, un ordre varié et versatile dont les genres et espèces représentants sont répandu partout sur la planète.


Mes bébés Adiantum raddianum dans la salle de bain. La diva des fougères; aucune n'est plus délicate que les Adiantums.

Dans nos maisons, les fougères sont des plantes délicates, prétentieuses et exigentes. Elles viennent des tropiques, demandent une forte humidité ambiante, une forte luminosité, une température ambiante constante et des arrosages réguliers et minutieux. Pour monsieur madame tout le monde, la définition des fougères ornementales s'arrête souvent là. Ce sont des plantes difficiles, ou peu intéressantes puisqu'elles ne fleurissent pas, et sont généralement "impossible" à multiplier.

J'aimerais montrer que ces idées préconçues ou adoptées suite à de mauvaises expériences sont en fait erronées. D'une part, c'est généralement dû au manque d'information concernant les soins, et on se retrouve à regarder la plante mourrir rapidement après l'achat. D'autre part, c'est dû au marché et à la demande; les fougères ornementales sont généralement très attirantes, avec un feuillage unique, détaillé, délicat, ce qui en fait une plante facilement commercialisable.


Polypodium aureum 'Blue Hare'. Une fougère moyennement robuste, au feuillage ondulé, bleuté chez cette variété, au port unique et aux gros rhizomes poilus.


Polypodium aureum 'Blue Hare'

La première des choses est que les fougères ne sont pas un groupe de plantes tropicales difficiles. Il existe des fougères vivants dans les environments les plus exigeants, les plus froids ou les plus secs, où peu d'autres plantes survivent. Mais en effet, le marché abonde de fougères provenants de biotopes tropicaux versus très peu d'espèces provenant de milieux tempérés. Le degré de difficulté d'entretient de la fougère se retrouve grandement influencé donc par le propre choix de l'acheteur.

Les bons indices à surveiller pour l'achat d'une fougère selon nos besoins sont en fait les mêmes notions de base que pour l'achat de n'importe quel plante, mais qui sont particulièrement important pour les fougères, on le devinera par leur fragilité (la majorité étant de type tropical, je le rapelle). En voici quelques uns;
Un feuillage vert sombre prévoit une meilleure absorbtion de la lumière. Les chloroplastes, usines solaires, contiennent la chlorophile verte qui capte la lumière pour la production d'énergie. Plus elles sont en grand nombre, plus elles captent et produisent, et plus le feuillage sera vert foncé. Un tel feuillage tolère donc mieux les situations moins éclairées qu'un feuillage plus clair, règle générale.
Des feuilles plus épaisses et plus rigides seront plus résistantes à l'air sec et aux manques d'eau au niveau des racines. C'est à dire qu'elles tolèreront une plus grande période en situation plus sèche, mais ça ne veut pas dire que ce sont des plantes qui ont des besoins en eau moins élevés. Seulement qu'elles sont plus tolèrantes lors des manques.



Adiantum poss. pedatum.



Adiantum poss. pedatum. Adiatum des régions tempérées, déjà beaucoup plus robuste que A. raddianum

Au niveau du port de la plante aussi, il y a une influence avec la tolérance au niveau d'humidité ambiante. Plus la plante est fournie et compacte, plus elle humidifiera son air ambiant immédiat, réduisant quelque peu le taux d'humidité nécessaire. Par contre, on ne doit pas compter sur ça dans le cas d'une ou des plantes isolées. C'est un bon principe à considérer si on veut créer une zone touffue de plantes ornementales, parce qu'elles s'autohumidifieront en respirant à proximité.

Ces quelques règles de base aident à faire un choix d'une fougère. Malheureusement, les fougères à feuilles coriaces sont assez peu répandues. J'en ai trouvé quelques unes avec le temps, par-ci par-là, plutôt au hasard, parfois dans les magasins à grande surface, parfois dans des petits commerces.

Au sujet des soins, c'est simple. Il faut penser LUMIÈRE. Nos yeux, nos besoins en luminosité sont très différents de ceux des plantes. Une lampe de chevet ou de salon, même aux côté d'une plante, ne donne pas du tout un éclairage suffisant pour une plante. Cet éclairage est quand même paliatif, et peu soutenir une plantes pendant quelques heures durant les jours cours, mais ce n'est pas magique. Le mieux, c'est le soleil. Et si j'ai une chose à dire sur le soleil, c'est que TOUTES les plantes supportent le soleil direct. Et je dis ça en ayant dans ma bibliothèque des dizaines de livres m'affirmant le contraire, surtout pour les fougères.

Toutes les plantes y seront bien, mais uniquement dans certaines conditions. La lumière du soleil se remplace difficilement quant à son effet sur les plantes. L'idéal c'est donc de donner une lumière vive; quelques heures de soleil direct et de s'arranger pour que les conditions nécessaires pour que la plante le tolère soit remplies, en toutes saisons. Pas l'inverse. Pas placer à plante à un endroit mal éclairé, puis essayer de réduire l'eau et la quantité d'engrais (malgré que ce principe soit tout à fait valable). Ça se fait, mais surtout pendant l'hiver ou certaines périodes pour les fougères, ou pour les plantes en quarantaine, et les vieilles plantes en santé.



Asplenium antiquum 'Osaka' Fougère moyennement robuste.


Asplenium antiquum 'Osaka' Fougère moyennement robuste.


Ces conditions, c'est une humidité adéquate, une température adéquate, et une durée maximale de 2-4 heures d'un soleil faible de matiné ou de fin d'après midi. Question arrosage, c'est quand le terreau est au 2/3 sec. C'est une règle que j'applique à toutes mes fougères, peu importe l'espèce, et qui fonctionne bien pour moi. Quand j'arrose, c'est en permettant au terreau de se saturer d'eau. Comment? Je verse l'eau jusqu'à ce que je la vois sortir dans la saucoupe. Si elle est ensuite absorbée dans les secondes qui suivent, j'en remet un peu, et quand ce deuxième surplus est absorbé plus lentement mais quand même, je suis satisfaite. Je ne laisse généralement pas d'eau dans la saucoupe, donc c'est pas totalement saturer ma terre dans les faits, mais presque. Je laisse de l'eau 5 minutes dans le cas d'une fougère que j'ai négligé et dont le terreau était presque entièrement sec.
Alors au début, il faut mettre le doigt dans les pots pour vérifier le niveau d'humidité du terreau, avant de s'assurer. Dans le doute, je laisse sécher un peu plus. C'est plus facile de réhydrater une plante qui a commencé à s'aiffaisser (certitude du manque d'eau) plutôt que de l'assécher une fois noyée. C'est important de peser le pot en le soulevant d'une main après avoir fait état du terreau, peu importe l'état. Ça permet à notre corps de ressentir l'humidité du terreau par le poids, à différent degrés, et un jour il ne s'agit plus que ce soulever le pot pour savoir s'il faut arroser, et combien. C'est très facile, vous en serez étonnés. J'ai longtemps dénigré ce geste, mais maintenant j'en suis une adepte experte, et c'est sans prétention aucune, car notre corps à une mémoire physique incroyablement précise, largement suffisante pour estimer avec certitude le poids d'un pot, avec l'expérience.
C'est important pour toutes les plantes mais surtour les fougères, parce qu'elles ont besoins de beaucoup d'eau par rapport aux autres plantes, mais possèdent un système racinaire délicat, mince et peu développé, qui étouffe facilement dans un terreau ou l'eau a pris la place de l'air.




Microsorum musifolium. Très robuste! Mais croissance lente, et atteindra une très grande taille avec le temps dans de bonnes conditions. Assez peu commune.



Microsorum musifolium
Une bonne humidité ambiante réduira le besoin en saturation de l'eau, prolongeant les intervalles entre les arrosages. Pleins de trucs bien connus; brumiser le feuillage régulièrement (attention, l'eau dure laisse de vilaine tâches vraiment pas sexy), ou poser le pot sur un récipient rempli d'eau et de roches, ou encore rassembler les plantes en groupe. J'utilise le premier pour les fougères bien touffues aux petites feuilles telles les Nephrolepis ou Adiantum ou les Pteris, peut être une fois par deux semaines en été et deux fois par semaine en hiver. J'utilise pas le second truc pour mes fougères, pas besoin, et l'effet et trop faible pour les fougères. Et je groupe autant que possible mes fougères, ça aide énormément!
Un truc que j'utilise et que je n'ai pas vu dans aucun livre; j'ouvre mes fenêtres les jours de pluie l'été, et tous les jours autant que possible quand il n'y a pas de trop forts vents. Malgré ce qu'il nous paraît, l'air dehors est tellement plus humide que celui de nos maisons, même par une belle journée d'été! Les plantes verront la différence. L'air qui circule créera nécessairement de l'évaporation donc surveillez le terreau des fougères, et pensez à brumiser, mais c'est une excellente situation malgré tout,comparativement à un air ambiant sec et inerte, qui donnera un feuillage assèché et un terreau encore bien mouillé = malaise assuré pour la fougère. La température sera ambiante, et les fougères y seront bien.
Question engrais. Ah les maudits engrais. Si vous croyez qu'il s'agit de la nourriture pour plante, eh bien c'est faux. La plante n'a pas besoin que de si peu de nutriments pour vivre correctement que c'est faux, et c'est d'ailleurs pour ça que l'hydroculture existe. Un autre sujet à aborder éventuellement. La seule chose dont la plante aie vraiment besoin, c'est l'eau. La lumière est un plus qui régule sa croissance, mais sans plus. Eh oui.

Dans les faits, l'engrais apporte les nutriments pour une plante prise dans un morceau de terreau minime comparativement à une plante en situation extérieure. Encore là, des règles générales mais importantes pour les fougères;
  1. Pensez peu d'engrais, en toutes saisons! (C'est à dire la moitié de la dose recommandée sur le pot d'engrais)
  2. Aucun engrais en saison de dormance (peu importe la plante, elle entre en dormance à l'intérieur, généralement pendant les mois de octobre-novembre à avril-mai)
  3. Un engrais 20-20-20 (NPK), et variez de temps à autre avec autre chose
Si j'ai un seul secret à vous révélez à propos des soins des fougères, c'est concernant l'engrais. J'ai longtemps utilisé le 20-20-20 avec quelques variations avec du 15-30-15. Ça va, mais quand on compare avec l'utilisation de l'engrais à base de poisson, la différence est remarquable. C'est en lisant la collection des années 80 de Time-Life sur les plantes ornementales (sublime collection, c'est comme une bible pour moi) dans le bouquin des fougères que j'y ai revu la mention de l'utilisation de l'engrais à base de poisson. Et puis je me suis souvenu que ma professeure d'écologie ne jurait que par cet engrais pour ses sublimes N. exaltata 'bostoniensis'. Jadis, j'appliquait moi-même cet engrais à l'odeur fétide sur les plantes, avec dédain, une fois par mois dans le local de classe. Et depuis deux ans, c'est ce que j'utilise principalement sur mes fougères, qui ont un éclat unique et une croissance incroyable. Cet engrais ce retrouve surtout en pépinières, et généralement est dosé autour de 5-1-1 comme ratio NPK. C'est une émulsion à base de poissons et/ou de déchets de poissons. Je vous épargne l'odeur quand on ouvre le pot, mais ça vaut bien cette peine, et rassurez-vous, la plante ne sent pas du tout. Ainsi, une règle synthèse pour l'engrais avec les fougères;
  • Utilisez un engrais d'émulsion de poissons dilué dans l'eau selon des recommandations du fabriquant, une fois par mois entre mai et septembre

Sur les autres plantes, cet engrais fonctionne bien aussi, mais je préfère passer mon gros pot de 20-20-20 et de 15-30-15 sur les autres plantes, et garder le nectar poisseux pour mes fougères.

Au travers de ce post, on y voit mes fougères. Elles sont toutes sur des bords de fenêtres qui reçoivent environ 2h de soleil direct par jour. L'hiver, je dois généralement les déplacer sous un éclairage artificiel par fluorescents compacts ou standards, loin des radiateurs, et réduire les arrosages, tout en suivant la règle du 2/3, sauf que je sature encore moins mon terreau. Je brumise plus souvent. Elles perdent inévitablement des feuilles, généralement surtout les Nephrolepis et les Adiantums. Parfois je dois les mettres en sac quand la plante dégénère trop. Mais ce sont des plantes rapides qui regénèrent vite. Plus elles profitent pendant la saison de croissance, mieux elles passent l'hiver. Les premiers hivers sont les plus durs, évidemment. Je dirais que c'est un apprentissage comme un autre.
Finalement, comme bonne source pour les soins des fougères, je suggère l'excellent livre anglais: "Success with indoor ferns" de Susanne Amberger-Ochsenbauer. Si vous ne voulez qu'un livre spécialisé, complet et d'une profondeur scientifique surprenante pour les fougères, c'est celui-là qu'il vous faut. C'est une excellente source qui couvre l'ensemble des fougères accessibles, communes et rares, exotiques ou robustes, desquelles vous ferez un choix éclairé selon vos besoins et habiletés.
Je couvrirai la multiplication des fougères dans un autre post que je compte dédier à ma réussite personnelle avec quelques espèces. Et non, c'est pas impossible.




Nephrolepis exaltata s'étalant de 3 pieds de large par 3½ pieds de haut, normalement suspendue au plafond, mais ici montrée sur le rebord de la fenêtre pour les proportions.